C.G. Jung a développé la notion d’archétype dans son approche de la psyché humaine. Pour lui, nous sommes dès la naissance équipés de programmes d’adaptation collectifs. Ces programmes s’activeront en fonction de nos vies, des épreuves que nous traversons, des personnes que nous rencontrons. Pour mieux les comprendre, utilisons une petite métaphore.

Représentons-nous, à l’instar des boudhistes[1], notre psyché comme une maison, dans cette maison le Soi (archétype en tant que tel lui aussi) est l’hôte et les invités sont les différents archétypes qui se comportent de manière souvent grossière les uns envers les autres. Le travail de l’hôte est de faire en sorte que tout ce monde vive en harmonie. Là où le bât blesse souvent c’est qu’il n’y a pas d’hôte pour maintenir l’ordre. Le Soi doit agir en étant libre de toutes émotions, jugements ou croyances limitantes. Son attitude se doit d’être claire, neutre et accueillante. Le plus difficile pour lui étant de rester impartial et équanime face aux affres de nos archétypes. 

Processus d’individuation

Toute la difficulté est donc de trouver ,en nos archétypes, le Soi qui demeure dans un premier temps inconscient. Cette recherche se fait dans une psyché où se trouvent déjà émotions, pensées, croyances.

Le processus d’individuation de la pensée jungienne est en fait cette prise de conscience du soi et cette libération du soi de la puissance des archétypes qui envahissent la psyché.

A l’issue de ce processus, l’individu se réalise pleinement ayant intégré au sein de sa psyché ses différents archétypes, son ombre et donc, de fait, sa lumière.

Si la métaphore de la maison n’est pas encore suffisante, imaginons une classe primaire une premier jour d’école. Imaginez tous les bambins réunis dans la classe mais livrés à eux-mêmes sans une institutrice pour s’assurer que tout le monde peut vivre ensemble dans la paix et en atteignant un objectif commun. Cette institutrice c’est le Soi. Les bambins les archétypes qui chahutent, se disputent ou se cachent.

Acceptation et douceur

Outre la connaissance de soi, cette connaissance des archétypes permet aussi d’identifier quels sont les archétypes valorisés par notre société et comment cette survalorisation peut entraver le développement psycho-émotionnel des enfants et de facto des adultes. Toute la subtilité du processus d’individuation est de parvenir à une intégration consciente de ces différents aspects de la personnalité, avec leur pesant d’acceptation ou de rejet social. Cette intégration est faite par le Soi et non par l’ego. La nuance est de taille car il ne s’agit pas ici d’une intégration qui se fait dans la douleur et la combativité. Cette intégration n’est pas teintée d’orgueil mais au contraire d’acceptation et de douceur envers ce soi singulier.

 

 

[1] https://scottjeffrey.com/archetypes-psychology/#The_Key_to_Archetypal_Psychology : How to Expand Your Consciousness Using Archetypes de Scott Jeffrey