S’il est un outil dont je me sers tous les jours, et pas que dans mon travail, ce sont les niveaux logiques de Robert Dilts. Si vous êtes un professionnel de la communication et du développement personnel, cet article ne vous apprendra certainement rien. Par contre, si vous avez besoin de comprendre comment recadrer certaines situations, comment expliquer à vos enfants qu’ils ne sont pas nuls, cet article est fait pour vous.

L’expérience d’un individu peut se retrouver vécue, codée, mémorisée à plusieurs niveaux. Ces niveaux sont différents portes d’accès à la psyché humaine. Ces niveaux sont au nombre de six et se structurent dans une pyramide qui part de l’environnement et remonte vers le transpersonnel ou spirituel.

Les niveaux logiques en bref

1- Environnement

Il se rapporte au contexte dans lequel nous évoluons, où sommes-nous? quand sommes-nous ?

2- Comportement
Que faisons-nous exactement? quelles sont les actions qui se sont réalisées ou non à ce niveau?

3 – Capacités
Quelles sont nos compétences? comment parvenons-nous à faire ce que nous sommes en train de faire ou de ne pas faire?

4 – Croyances
Elles sont la pierre angulaire de cette pyramide, elles articulent les niveaux supérieurs de la pyramides aux niveaux inférieurs.
Qu’est-ce que je crois sur moi? Qu’est-ce que je crois sur les autres, sur la vie? Quelles sont mes valeurs? Pourquoi ai-je réalisé ou non une action?

5 – Identité
Qui nous sommes? Quelle est notre mission?

6 – Transpersonnel ou spirituel
A quoi de vaste est-ce que j’appartiens ? Qui d’autre que moi ?

Ce dernier niveau correspond, entre autre, à l’inconscient collectif et qui dote l’individu de programmes de fonctionnement. J’utilise sciemment le terme de programme puisque les niveaux logiques sont utilisés en PNL, programmation neuro-linguistique, j’aurai pu aussi parler d’archétypes.

Ce modèle permet de remettre chaque chose à sa place. Il permet surtout d’éviter des confusions qui mélangent comportements et croyances, capacités et identité ….

Par exemple, quand vous ratez quelque chose et que vous vous dites « je suis nul », vous faites en fait, une confusion de niveau logique. Vous tirez une conclusion au niveau de votre identité sur une action qui se rapporte à un comportement. Donc recadrons cela : ce que vous avez fait est nul, pas vous!

Comment est-il possible de se dévalorisé inconsciemment de la sorte (et j’ai envie de dire régulièrement aussi)? Derrière tout cela une croyance articule cette confusion. A un moment donné de votre vie, vous avez enregistré que vous êtes le résultat de ce que vous faites ! Et paf, 10 ans plus tard, cette croyance vous poursuit.

Chaque chose à sa place

Il est essentiel d’utiliser les niveaux logiques dès que l’on souhaite changer un comportement ou une pensée limitante. Ils permettent d’identifier clairement où se situe le problème et comment y répondre.

Ainsi pour une même situation de base : Ne pas savoir faire des crêpes. La réponse sera différente en fonction de chaque sujet. Pour un enfant, le problème se situera éventuellement au niveau des compétences, peut-être ne sait-il pas comment on en fait. Pour un adulte, cela sera peut-être une croyance sur le comportements «  je rate toujours les crêpes ».

J’aime utiliser cet outil avec ma fille de 5 ans. Je lui apprends à remettre chaque chose qui lui arrive à sa juste place. Cela lui permet d’identifier ce qui lui appartient (ses perceptions) de ce qui appartient aux autres. Et surtout, elle apprend à déjouer la mécanique pernicieuse de certaines croyances limitantes en lui comprenant qu’elle n’est pas ce qu’elle fait. Parce que mettons-nous d’accord, nous sommes quand même bien plus que ce que nous faisons !

Bien évidemment, les niveaux logiques peuvent être utilisés en coaching, en entreprise, en systémique. L’idée n’est pas ici de couvrir tous les domaines d’utilisation des niveaux logiques.

Voyons simplement comment ils peuvent vous aider à analyser vos situations « problèmes » au quotidien et à prendre de la hauteur.

Et concrètement ?

Voici concrètement les questions à se poser pour analyser une situation. Vous trouverez en italique un exemple d’une consultante qui se sent doucement mais surement, consumée par son travail (tu vois le burn-out arriver ?).

1. Quel est la situation actuelle ? Quelle est mon problème ?

Je suis fâchée sur moi, j’ai encore accepté une mission alors que ma boss sait que je croule sous le travail et que certains de mes collègues ne font rien.

2. Dans quel contexte cela se situe-t-il ? Dans quel environnement ? Choisir une situation donnée.

En team-meeting, elle fait le point sur les projets et distribue les nouveaux.

3. Qu’est-ce que je fais  dans cette situation ? Quel est mon comportement ?

Je baisse les yeux et évite son regard au moment de la distribution des nouveaux projets. Quand elle me donne un projet, je prends le dossier sans rien dire mais je sens la colère. Je ne dis rien et ne fais rien.

4. Comment suis-je capable de faire ce que je fais ? Comment se fait-il que je ne fais pas ce que je voudrai/pourrai ?

Je choisis de me taire. Je me sens impuissante et je connais ma boss et sa manière d’être quand on refuse de faire ce qu’elle attend de nous.

5. Qu’est-ce que je crois dans cette situation sur moi ? Sur les autres ? Sur la situation ?

Je crois que je suis obligée de faire ce qu’on me demande. C’est ma boss, c’est elle le chef après tout, elle décide pour nous. Moi je suis là pour faire ce qu’on attend de moi. Ca a toujours été comme ça. Je dois faire ce qu’on me demande, c’est normal quand même non? 

6. Qui suis-je ?

Je suis une femme project manager.

7. A quoi de plus vaste puis-je me relier ?

Je suis une femme, une mère de famille. Je suis une amie, je me sens reliée à une communauté de personnes conscientes des autres et bienveillantes. 

 

Le décodage

Dans l’exemple ci-dessus, très clairement, c’est au niveau des croyances que se joue l’absence de réactions dans la situations. La colère vient quant à elle des valeurs (identifiées plus tard) qui sont bafouées.

En utilisant cet outil, la consultante prend conscience de la manière dont elle se perçoit au travail. Elle avait déjà identifié en elle l’archétype de Perséphone et cet archétype est celui qui s’activait dans cette situation. Tout le travail a été de déconstruire cette croyance qu’elle devait faire ce qu’on lui demandait, être comme on voulait qu’elle soit. Et pour cela, c’est l’archétype d’Athéna qu’elle a choisi d’activer pour trouver en elle les ressources pour poser ses limites en respectant le système et en se respectant.

Voilà comment en utilisant les niveaux logiques vous pouvez analyser les situations dans lesquelles vous vous sentez prisonniers de vous ou des autres. Cet outil permetde prendre ses responsabilités et de choisir comment vivre cette situation la prochaine fois qu’elle se reproduira.